Histoire du village d’Avon les Roches 2017-05-20T10:50:27+00:00

De Avo à Avon les Roches, toute une Histoire

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Premières apparitions d’Avon

Le nom de cette commune apparaît pour la première fois dans l’histoire au 11ème siècle dans les chartes 168, 312 et 323 du cartulaire de l’abbaye de Noyers sous la forme Avo, venant soit du gaulois abo, signifiant rivière, soit du patronyme germanique Abbo ; cette commune s’est ensuite appelée Avon-en-Touraine au 14ème siècle et le nom actuel a été fixé par un décret de 1936.

Le territoire de cette commune, située sur la rive droite de la Manse, fut occupé au néolithique comme l’indiquent une hache d’importation en jade et le toponyme le gros chillou dans les landes du Ruchard.

De l’époque gallo-romaine à aujourd’hui

À l’époque gallo-romaine plusieurs domaines exploitaient les terres de la région ainsi que le montrent les toponymes de Naie et d’Oigné (voir ci-après) ainsi peut-être que le toponyme Maumay, pouvant signifier la mauvaise maison, ou Mournay pouvant venir de Maurinacus ou domaine de Maurinus (le Maure) ; il y avait là un moulin, cité dès la première moitié du 17ème.

Un petit tour de potier gallo-romain et de la céramique commune ont été trouvés à l’est de la collégiale des Roches-Tranchelion.

La voie gallo-romaine allant de Sainte-Catherine-de-Fierbois à Chinon passait sur le territoire de cette commune, sans doute non loin de la D21, qui suit le cours de la Manse et il se peut que le lieu-dit la Maison Rouge

[1] ait été une étape sur cette voie.

La charte 168 du cartulaire de Noyers, de 1088, indique que Hugues Dindeau, après avoir tué Oggisius, de Crissay, donna aux moines de Noyers « tout le juniorat[2] de l’église qu’on appelle Avon ». Cette famille étant décidément belliqueuse, la charte 312 de 1102 nous informe que Savarin Dindeau, après le meurtre d’un soldat nommé Hermann, donna à l’abbaye de Noyers, le droit de sépulture dans l’église d’Avon. Quant à la charte 323 de 1104, elle parle de Guillaume d’Avon, fils de Gomer d’Avon.

Au 12ème siècle l’église appartenait à l’abbaye de Beaumont-les-Tours et le fief, appelé la Cour d’Avon, dépendait de la châtellenie de L’Île-Bouchard (voir cette commune). Les seigneurs en furent alors Mathieu d’Avon (cité en 1140) puis Ribotel d’Avon (cité en 1144). Il appartint ensuite à la famille de la Barre, avec Jean de la Barre, bailli du Lude (cité en 1380), Jean II de la Barre (cité en 1400) et Adam de la Barre (cité en 1420).

En 1484, le fief fut divisé en deux parties : la Cour d’Avon et la Salle d’Avon ; la première appartenant à Maxime de Pingault et la seconde à Tristan de Sazilly (voir cette commune). En 1504, Gillette de Pingault vendit sa part à Lancelot de la Touche, seigneur des Roches-Tranchelion (voir ci-après).

Les seigneurs furent ensuite Philippe de Sazilly, cité en 1575, (voir cette commune), N. le Bascle (cité en 1600), Aimé le Bascle (cité en 1616), Guy-Alphonse de Durfort[3] (cité en 1642), Léonor le Basle et François de la Barre (cités en 1689). Ces le Bascle étaient probablement de la même famille que celle qui possédait le Puy-Bascle à Crouzilles (voir cette commune).

histoire-photo2-roches-tranchelion-avonUn autre fief important était celui des Roches-Tranchelion (ou Roches d’Archidiacre).
Le nom des Roches-Tranchelion apparaît pour la première fois en 1254 sous la forme Esterlas de Tranchelyon ; ce toponyme est expliqué par plusieurs légendes, dont aucune n’est sûre.

Le premier seigneur connu est Guillaume Ouvoie, cité en 1420, dont la fille épousa Guillaume, seigneur de Palluau (dans l’Indre), qui reçut ce fief en dot et qui avait ou prit le nom de Guillaume de Tranchelion ; ce dernier fonda une chapelle à côté du château en 1440 et obtint l’année suivante, du roi Charles VII, dont il était le chambellan, l’autorisation d’achever la fortification du lieu. On ne sait comment, la seigneurie passa en 1448 à Hardouin de la Touche.

« Le derrenier jour de juillet, l’an de grace CCCC XLIX (1449), le roi (Charles VII) estant au Rochestrenchelyon, fist assembler en sa présence les gens de son conseil » ; Charles VII y vint également en 1458 et en 1459.

Hardouin de la Touche devint ensuite panetier de Louis XI, qui séjourna aux Roches-Tranchelion en 1472. En 1508, Lancelot de la Touche, fils d’Hardouin de la Touche, fit construire, à la place de la chapelle, un prieuré, qui fut modifié et transformé en collégiale en 1524 (voir ci-après).

Le fils de Lancelot, François de la Touche épousa Charlotte de Maillé, fille de Guy de Maillé (voir Chezelles, généalogie) et sœur de Simon de Maillé, archevêque de Tours ; ils eurent une fille : Isabeau de la Touche qui devint dame des Roches-Tranchelion et qui épousa un fils du second mari de sa mère : Gabriel de Montgommery, qui, eut le malheur de blesser mortellement le roi Henri II au cours d’un tournoi : il émigra ensuite en Angleterre, puis se fit protestant et se mit du côté des huguenots pendant les guerres de religion ; il prit notamment et mit à sac la ville de Bourges en 1562, avant d’être fait prisonnier et exécuté en 1574. Il a laissé un graffiti dans la tour d’escalier de la collégiale.

histoire-photo2-avon-les-rochesCe fief avait un revenu annuel de 80 livres en 1639 ; le seigneur était alors Gueldome ou Gueldemne de Durfort, marquis de Duras, également seigneur des fiefs de la Fontaine-Besnon, de Lallay[4] et d’Oigné (voir ci-après), descendant de Jacques de Durfort. Par la suite la seigneurie passa à un allié de la famille des de Durfort : Gabriel Henri de Beauvau.

Plusieurs souterrains-refuges datant peut-être du Moyen-Âge mais utilisés avec certitude aux 16ème et 17ème siècles, existent sur le territoire d’Avon ; l’un d’eux, dans le bourg, au nord de l’église, comprend un puits et trois salles, dont une servit de pressoir.

En 1825, le village du Soulier, fut alors rattaché à Avon. Une tuilerie fut construite en 1857 au Petit Bois par Louis Potard-Huault, alors tuilier à Panzoult et elle fonctionna jusqu’en 1935. L’école de garçon, le presbytère et la salle de mairie furent construits en 1862 par l’architecte diocésain Gustave Guerin[5] ; l’école de filles, à l’entrée sud du bourg, date de 1884.

Les landes du Ruchard investit dans l’histoire de la guerre

En 1871 l’armée loua à la commune les landes du Ruchard, dont la plus grande partie, après plusieurs procès avaient été attribuées à Avon, et y installa un camp militaire du Ruchard ; pendant la 1ère guerre mondiale, ce fut d’abord un camp d’internement pour les prisonniers allemands puis un centre de convalescence pour les soldats belges, dont 63 sont inhumés dans le cimetière communal, où se trouve un monument commémoratif.

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Pendant la seconde guerre mondiale, après avoir été un camp d’internement pour les prisonniers français de droit commun et pour les étrangers, il fut occupé par l’armée allemande ; En mai 1942, 5 jeunes communistes tourangeaux et 3 autres otages y furent fusillés ; en 1982, on installa une stèle (sur la route d’Azay-le-Rideau), qui garde le souvenir de ces premiers fusillés de Touraine (voir ci-dessous) ; par la suite de fausses isbas russes y furent aménagées pour des films de propagande ; agrandi après la guerre, le camp est toujours en activité.
En 1966, on découvrit près des Roches-Tranchelion, un trésor monétaire comprenant 214 pièces d’or françaises et espagnoles, dont la plus récente était de 1619 ; on ignore l’origine de ce trésor.
[1] Ce toponyme est très fréquent en Europe ; on le trouve plus de 60 fois dans le seul département de l’Indre-et-Loire et il est expliqué de différentes façons mais il est possible, surtout quand il est employé au singulier, qu’il désigne une ancienne étape près d’une voie gallo-romaine, construite en briques et couvertes de tuiles.[2] Droit de nommer le vicaire et de percevoir son bénéfice.[3] Guy-Alphonse de Durfort était le fils de Jacques de Durfort (1547-1626), qui avait épousé Marie Marguerite de Montgommery, (1585-1606) petite fille de Gabriel de Montgommery.[4] Lallay, variante de Alleu avait un revenu annuel de 30 livres en 1639.[5] Gustave Guérin (1814-1881) fut l’architecte de la ville de Tours et du département ; avec son fils Charles Guérin, également architecte, il reconstruisit ou restaura une quarantaine d’églises en Indre-et-Loire.[6] Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, fut tué le 5 janvier 1477 lors du siège de Nancy ; l’inscription porte la date de 1476 car la nouvelle année commençant au 1er mars, on était encore en 1476 au mois de janvier ; la « thyphoine » ou typhaine ou théophanie est l’ancien nom de l’épiphanie.[7] Cavité à l’intérieur d’un pigeonnier ; chaque cavité abritait un couple et correspondait à la possession d’une acre de terre, c’est-à-dire de 5 000 m² environ ; un pigeonnier comportant 1 000 boulins indiquait donc la possession de 500 hectares.

» Bourderioux (Abbé) : Les Roches-Tranchelion et ses seigneurs (BAVC VII. 3. 1969)
» Dumas Françoise : Le trésor monétaire d’Avon-les-Roches (BAVC VII. 3. 1969)
» Maurice J. : Souvenirs sur les Roches-Tranchelion et le comte de Montgomery (BAVC VII. 3. 1969)
» Meneau Michel : Tranches de vie et d’histoires aux Roches Tranchelion
» Montoux André : Naie dans Vieux logis de Touraine (Tome 8. 1990)
» Rabusseau Jean-Louis : Le Camp du Ruchard