Jumelage Avec Brugelette 2017-05-20T10:50:26+00:00

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Lien vers le site de la commune de Brugelette : http://www.brugelette.be/

Depuis 1977, à la suite de la réorganisation de la géographie communale du Royaume, Brugelette est le centre d’une entité nouvelle regroupant les anciennes communes d’Attre, Brugelette même, Cambron Casteau, Gages et Mévergnies.

Sur la Dendre orientale, Attre formait avec Arbre une seigneurie qui fut successivement aux mains des familles d’Arbre, de Lalaing (Xve s.), de Croy (1502), de Buignies (1510), puis passa aux Franeau d’Hyon, devenus comtes de Gommegnies au XVIIIe siècle. Ceux-ci vendirent leurs biens aux Duval de Beaulieu durant la période française. De nombreuses abbayes hennuyères y possédaient aussi des terres, notamment l’alleu de Baschien, donné en 1125 à l’abbaye de Liessies, et la ferme d’Eppignies dépendant de l’abbaye d’Epinlieu.

C’est à Attre que, le 28 septembre 1624, les Français enlevèrent Tilly, le général des Impériaux. Le joyau du village est le splendide château reconstruit en style Louis XV à partir de 1752 par François –Philippe – Joseph Franeau de Gommegnies et aujourd’hui propriété de la famille de Meester de Heyndonck : il fut souvent la résidence des archiducs Albert et Marie – Christine, gouverneurs généraux des Pays – Bas autrichiens. En 1831, le comte Duval y installa le premier haras de Belgique par le grand architecte Dewez.

Des silex retrouvés aux hameaux de Bolignies et de Frésignies attestent que la vallée de la Dendre orientale à Brugelette fut habitée dès la préhistoire. Le nom du village apparaît en 1070. Quatre seigneuries se partageaient son territoire : celle de Hérimez (possession des Gavre, puis des Looz, des Walcourt – Rochefort, des Jauche – Mastaing, et enfin des Ongnies), celle de Brugelette (à la famille du même nom, puis rattachée au XIVe siècle à celle d’Hérimez), celle de Bolignies (qui échut également aux Mastaing) et celle de Brakel (« Bragues »).

Des communautés religieuses y prospèrent : l’hôpital de Wisbecq (avant 1243) repris en 1406 par des Soeurs Grises, le collège des Jésuites français de 1835 à 1853, orphelinat des Soeurs de l’Enfant – Jésus (l’héroïne Gabrielle Petit y fut pensionnaire) et aujourd’hui Institut Sainte – Gertrude ; les Bogards installés à Saint – Nicolas d’Hérimez et remplacés en 1569 par des Carmes dont le couvent, supprimé en 1796, fut ensuite repris par des Récollectines (1901), puis par des Carmélites (1929 – 1956). A côté des activités agricoles, Brugelette a connu, dès le XIVe siècle, de petites industries.

En 1836, une première sucrerie y fut installée. Le choeur de l’église (1557) paré de monuments funéraires des Jauche – Mastaing se signale à l’attention, ainsi que les vestiges du château d’ Hérimez (rue du Moulin) édifié au XVIIIe siècle par le grand architecte Dewez.

Le nom de « Brugelette » qui est celui de la paroisse et d’une des plus importantes seigneuries du lieu, apparaît dès 1070. Mais il n’a aucun rapport avec « Bruges », contrairement à la tradition populaire qui prétendait jadis qu’une dame venue de la Venise du Nord avait été la première châtelaine de la localité, à laquelle, en souvenir de la merveilleuse cité qu’elle avait quittée, elle aurait donné le nom de « Petite Bruges/Brugelette ».

Si le suffixe –elette est bien un diminutif, l’historien Christian CANNUYER précise que « en ce qui concerne le radical « brug » … , on ne sait pas. Dans l’état actuel de nos connaissances, il vaut mieux conclure que nous ignorons ce que signifie « Brugelette » et de quelle langue provient ce toponyme.

Cambron est déjà cité au VIIIe siècle ; à cette époque, les villages de Cambron Casteau, Cambron – Mairie (supprimé en 1805) et Cambron – Saint – Vincent n’en formaient qu’un seul. En 1148, Saint Bernard de Clairvaux fonda à Cambron une abbaye cistercienne qui prospéra rapidement et devint l’une des plus riches de tout le Hainaut. Elle fut supprimée en 1789 par Joseph II. Ses vestiges restent impressionnants : tour de l’abbatiale (1774), escalier monumental (1776), et surtout le seul mur d’enceinte monastique médiévale conservé entier en Belgique ainsi que le cellier (du XIIIe siècle), un des plus anciens témoins de l’architecture gothique dans notre pays.

Le village était réparti entre les seigneuries du chapitre de Saint – Vincent de Soignies, de Hérimez, de l’abbaye d’Anchin et du comte de Mastaing. L’église, remarquable, date du XIIIe siècle et est dédiée à Saint – Vincent. Si l’agriculture fut constamment l’activité dominante de la localité, de petites industries purent y fleurir au XIXe siècle et jusqu’à l’aube de la seconde guerre mondiale.

Traversé du nord au sud-ouest par la Dendrelette ou « rieu de Gages » (un affluent de la Dendre orientale), Gages est un village essentiellement agricole, jadis fief de la terre du Roeulx. Ses seigneurs sont mentionnés dès le XIIè siècle. C’est dans leur famille que naquit sainte Sibylle de Gages, morte en 1250 à l’abbaye d’Aywières. En 1334, Gérard de Gages vendit son fief en deux parties : la première, acquise par Ernoul de Gavre, passa ensuite à divers possesseurs, dont le fameux Nicolas Rolin, chancelier de Philippe le Bon, puis les comtes de Berlaymont. La seconde partie échut aux Hennin de Boussu, puis à la famille Dumont dont le chef prit le titre de marquis de Gages à partir de 1758.

D’importantes fractions du territoire de la localité étaient en outre occupées par des seigneuries foncières des abbayes de Cambron, d’Aywières et d’Anchin (cette dernière désignait le curé de la paroisse qui desservait également, jusqu’en 1803, le village de Cambron). Gages ne comptait qu’une seule grosse ferme, la cense de « la Court » (dont subsistent les bâtiments du XVIIIè siècle), appartenant au marquis et dotée d’un moulin à vent pour les céréales. Sur le versant nord du village, s’élève le château néoclassique, naguère encore propriété des comtes de Lichtervelde.

La finale de ce toponyme témoigne sans doute d’une occupation franque. Une partie de la localité fut primitivement un alleu de l’abbaye de Liessies, déjà cité en 1131. Près de sa ferme principale, « La Loé » (en partie sur Attre), le boucher chiévrois Gérard le Rond fur assassiné en 1252 par des vassaux flamands de Marguerite de Constantinople; ce meurtre fur la cause de la « guerre des Ronds ». Il y avait dans le village trois seigneuries principales : celle de Mévergnies dont le seigneur était celui de Brugelette, à titre d’avoué de Liessies, celle de l’abbaye d’Anchin et celle de Venise; celle-ci comprenait une petite forteresse érigée à l’endroit de l’actuel « Grand Marais » et détruite en 1572.

Mévergnies faisait partie, jusqu’en 1805, de la paroisse d’Attre et ne possédait qu’une chapelle succursale. L’église actuelle a été bâtie en 1838. Village surtout agricole, Mévergnies a cependant connu, dès le XVIIè siècle, une activité industrielle importante : l’exploitation de la pierre. Tant l’extraction du calcaire que celle du « grès de Mévergnies » (dont Léopold II appréciait les qualités) ont employé plusieurs dizaines d’ouvriers, mais ont périclité entre les deux dernières guerres.

Dans le jargon héraldique, le blason de notre commune se décrit comme suit :  » écu de gueules à la fasce d’or accompagnée en chef d’une divise vivrée de même » (1)

A l’origine, ce blason est celui de la noble famille de Jauche-Mastaing, dont furent issus les seigneurs de Brugelette de 1425 à 1769. Les échevinages de Brugelette, Hérimez et Bolignies disposèrent en effet durant cette période d’un sceau aux armes de Jauche-Mastaing.

Les Jauche-Mastaing étaient eux-mêmes une branche cadette de la très puissante lignée féodale des Jauche, connus depuis l’an 1000 environ, avoués de l’abbaye de La Ramée et maîtres d’un vaste domaine foncier situé à la limite du Brabant, du Namurois et du pays de Liège. Ainsi qu’en témoigne déjà un sceau équestre datant de 1227, les Jauche portaient comme armes un écu de gueules à la fasce d’or.

A la fin du XIIème siècle, devenu seigneur de Mastaing (dans le nord de la France, près de Bouchain) par son mariage avec la dernière héritière du nom, Adam de Jauche chargea l’écu plein de sa famille d’une divise vivrée d’or afin de marquer sa qualité de cadet. N’ayant point eu d’enfant, il transmit Mastaing à son frère Regnier de Jauche, auquel succéda le fils d’un autre frère : Gérard de Jauche-Mastaing, qui fit relief du fief de Mastaing au comte de Hainaut en 1323. C’est de ce dernier que descendaient les Jauche-Mastaing établis à Brugelette au XVème siècle. En 1511, Antoine de Jauche-Mastaing, seigneur d’Hérimez, Brugelette et Bolignies devint le Chef de toute la Maison de Jauche, par suite du décès de son lointain parent, Jean de Jauche, seigneur de Bioul, dernier descendant de la branche aînée. En conséquence, Antoine ôta de ses armes la divise vivrée qui signalait sa condition de cadet. Toutefois, les échevinages de Brugelette et Hérimez continuèrent curieusement à user de l’ancien écu (avec divise) jusqu’au XVIIIème siècle.

Entre 1815 et 1830, le roi des Pays-Bas reconnut à la commune de Jauche (en Brabant), le droit de disposer des armes pleines de son lignage primitif (« de gueules à la fasce d’or »). Brugelette aurait pu, à juste titre, revendiquer le droit de porter les armes des Jauche-Mastaing (à la divise vivrée), puisque l’essentiel des domaines de ceux-ci se trouvaient sur le territoire de la commune. Mais nos édiles ne formulèrent pas la demande requise. Plus avisé, le secrétaire communal de Cambron-Casteau entreprit la démarche au profit de sa commune, où les Jauche-Mastaing avaient également possédé une seigneurie. Un arrêté royal du 22 mai 1909 concéda « l’écu de gueules à la fasce d’or accompagnée en chef d’une divise vivrée de même » à la commune de Cambron-Casteau. Et Brugelette resta sans armoiries.

Par suite de la fusion des communes en 1977, l’entité brugelettoise nouvelle put cependant recouvrer le blason ainsi attribué en 1909 à Cambron-Casteau. Le choix est judicieux : les Jauche-Mastaing exerçaient en effet leur juridiction seigneuriale sur les villages de Brugelette, Cambron et Mévergnies, trois des localités de la nouvelle entité. Ils tenaient également plusieurs arrières-fiefs à Attre, notamment l’important fief d’Hembise.

(1) gueules signifie rouge – une fasce est une largebande horizontale – Or signifie jaune – le chef désigne la partie supérieure de l’écu – une divise vivrée est un mince filet en forme de zigzag à quatre pointes inférieures.

tiré du livre ‘Brugelette et la Dynastie’ par Ch. Cannuyer, G. Despinoy, P. Ronvaux et M. Thémont